Sauzet: Substitution d’un prélèvement dans le Roubion par une alimentation à partir du réseau de Montélimar

Le Roubion

Contexte

Le bassin versant du Roubion a été identifié en situation de déséquilibre quantitatif dans le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin Rhône Méditerranée.

En effet, les conditions hydrologiques de ce secteur sont naturellement très contraintes à l’étiage avec des assecs récurrents qui ont entraînés la prise d’arrêtés sécheresse régulièrement.

La circulaire 17-2008 du 30 juin 2008 sur la résorption des déficits quantitatifs et la gestion collective de l’irrigation, vise à un retour à l’équilibre entre la ressource et la demande en eau. Pour cela, elle impose la détermination des volumes maximums prélevables, l’objectif étant de définir des volumes d’eau qui puissent être prélevés en moyenne 4 années sur 5, sans avoir besoin de recourir à des arrêtés de restriction et sans pénaliser le milieu aquatique.

Ce travail a donc été réalisé sur le bassin versant du Roubion et l’étude a montré qu’en théorie, aucun prélèvement ne devrait être réalisé.

Afin de ne pas supprimer tous les prélèvements, un compromis a été défini entre effort de réduction des prélèvements et dégradation du milieu piscicole :

  • gel des prélèvements agricoles par pompage dans les nappes et les cours d’eau
  • réduction des prélèvements AEP par économie d’eau ou substitution de ressource
  • arrêt des dérivations au droit des canaux d’irrigation dont celui de l’ASA du Moulin de Sauzet

C’est pour répondre à ce dernier objectif que le SID a étudié la possibilité de desservir, à l’aide de son réseau de Rhône-Montélimar, les irrigants usagers de l’ASA du canal du Moulin de Sauzet.

Ce projet de substitution est inscrit dans les objectifs du Plan de Gestion de la Ressource en Eau de ce bassin versant.

Objectif

La canal du Moulin de Sauzet avant travaux
Le canal du Moulin de Sauzet après travaux

L’irrigation des surfaces cultivées est indispensable à la viabilité des exploitations agricoles, d’autant plus dans des secteurs où des périodes de faible apport hydrique (pluviométrie, ressource en eau…) et même de sécheresses sont fréquentes et prolongées.

Les travaux ont donc consisté au raccordement des usagers de l’ASA au réseau du SID. La substitution de l’alimentation d’une ressource déficitaire vers une ressource non déficitaire permet de sécuriser l’alimentation des utilisateurs et ainsi préserver un tissu économique agricole. De plus, ce projet permet de pérenniser la vocation agricole des parcelles concernées (classées zone agricole).

L’alimentation du canal en rivière a donc été supprimée (batardeau et comblement de la prise d’eau par un merlon de terre). 

La seule alimentation en eau est désormais assurée par le Syndicat d’Irrigation Drômois via ses réseaux d’irrigation sous pression.

D’un point de vue quantitatif, les économies d’eau réalisées ont été estimées à 70 000 m3/an.

Les travaux

Afin de permettre l’alimentation des usagers de l’ASA, un maillage du réseau du SID de part et d’autre du Roubion était indispensable car le réseau était insuffisant dans ce secteur. En effet, les besoins des agriculteurs, alimentés anciennement par le canal de Sauzet, sont situés en extrémité du réseau de Rhône-Montélimar. Il était donc nécessaire de procéder à un renforcement afin de pouvoir assurer la pérennité de l’alimentation des nouveaux et des anciens adhérents.

L’ensemble des travaux a été terminé au cours de l’automne 2018. Le réseau a ainsi pu montrer son efficacité au cours de la saison 2019.

Au préalable, le SID avait obtenu les autorisations nécessaires afin de mener à bien ce projet : déclaration loi sur l’eau et déclassement de parcelles EBC (Espace Boisé Classé).

Borne d'irrigation
Ventouse

Coûts et financements

Le coût prévisionnel des travaux avait été estimé à 320 048,71 € HT.

Le financement prévisionnel est le suivant:

  • Agence de l’Eau RMC : 214 288 € (69%)
  • Conseil Départemental de la Drôme : 34 550 € (11%)

In fine, le montant des travaux est de 274 640,47€ HT, les subventions seront donc recalculées au prorata des dépenses éligibles.